Notre Appel

Fin 2017, plus de 15 000 scientifiques de 184 pays lançaient une alerte à l’opinion publique mondiale sur l’urgence à transformer radicalement nos modes de vie face au dérèglement climatique et la chute de la biodiversité. Ces crises menacent la pérennité de nos sociétés. Face à ces constats, que font nos représentants politiques ?

Xavier Bertrand, alors tête de liste LR allié aux partis UDI et Chasse Pêche Nature et Tradition a été élu à la présidence de l’institution régionale lors des élections du Conseil Régional Hauts de France des 6 et 13 décembre 2015. Cette élection n’a été possible que par le désistement de la liste PS à l’issue du 1er tour et par la mobilisation des électeurs de tous bords face à la menace FN au second tour.Malgré les déclarations de rassemblement à l’issue du second tour, force est de constater que, deux ans plus tard, le conseil régional a remis systématiquement en cause les politiques de citoyenneté, solidarité internationale, connaissance et protection de la biodiversité, d’environnement et développement durable. Cela se traduit sur le terrain par une baisse drastique et discrétionnaire de soutiens à l’ensemble des associations œuvrant dans ces domaines, le plus souvent sans aucune discussion, ni justification.

Ces associations composées de milliers de bénévoles et de salariés, habitants de notre région, constituent une ressource culturelle fondamentale, un « commun » précieux, pour penser l’avenir et explorer les chemins de cette transformation de nos modes de vie à laquelle nous sommes appelés. Les associations sont un levier déterminant pour la vitalité de notre démocratie. Elles seront aussi essentielles pour affronter les crises à venir parce qu’elles tissent autrement qu’un service public ou qu’une entreprise, le lien social et des relations d’entraide, en particulier dans les champs de l’écologie et des solidarités.

Les associations refusent d’être transformées en simple prestataires de services et demandent à être reconnues comme des interlocutrices à part entière dans l’élaboration des politiques publiques. Elles ont besoin de soutien et de stabilité.Malgré des moyens limités, elles arrivent à déployer des activités socialement, humainement et écologiquement utiles et nécessaires tout en créant de nombreux emplois non délocalisables.

En constituant un collectif « Vent d’Assos » à la suite des régions Auvergne Rhône Alpes et Ile de France, des salariés, bénévoles et sympathisants s’organisent pour résister à cette dérive populiste qui voudrait faire fi des corps intermédiaires. Plus généralement, l’érosion de fonds publics s’inscrit dans une politique globale d’abandon du soutien au monde associatif. Alors que nos élus n’ont que le mot « emploi » à la bouche, en supprimant contrats aidés et subventions, cette politique se traduit aussi par le plus grand plan social de France.

L’urgence est là. Nous alertons la population et appelons les citoyens à rejoindre la mobilisation pour une transition sociale.

A la Région et à Xavier Bertrand, nous posons les questions suivantes :

– La Région peut-elle se passer de la diversité des mobilisations citoyennes face à l’urgence de la transition sociale et écologique ?

– Est-ce qu’entretenir des clivages entre chasseurs et autres usagers de la nature et entre zones rurales et urbaines est à même de rassembler les énergies ?

– Où sont les espaces de négociation et de débats, de co-construction des politiques publiques dans les territoires régionaux ?
Comment et par qui sont-ils animés, avec quels objectifs, qui est invité ?